lundi 22 janvier 2024

Bonheur au travail : attention, danger !

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Syndicalisme Hebdo sans mon travail idéal


Finis les bars à smoothies, le baby-foot ou le Chief Happiness Officer censés rendre les salariés « heureux au travail » ? Reste que ces artifices font toujours obstacle au nécessaire débat sur le contenu et les organisations de travail.

Par Emmanuelle Pirat— Publié le 02/01/2024 à 08h07

© Thomas Louapre

1. Happycratie – Comment l’industrie du bonheur
a pris le contrôle de nos vies.
 Éditions Premier Parallèle, 272 pages, août 2018.

1. Étude : Le rapport au travail post-Covid.Télétravail, management, reconnaissance, santé,les nouvelles tendances. www.jean-jaures.org

Alors, comme ça, un joli rooftop (toit-terrasse) végétalisé, des espaces de sieste, des bars à bonbons ou l’embauche d’un Chief Happiness Officer (CHO) seraient de nature à rendre les salariés plus heureux au travail ? C’est en tout cas ce que défendaient les partisans du bonheur au travail, notion apparue au tournant des années 2010, dans le sillage de l’approche américaine de « psychologie positive ». Un concept admirablement analysé dans Happycratie1, du chercheur Edgar Cabanas et de la sociologue Eva Illouz.

Très présente et très médiatisée dans les années pré-Covid, cette thématique a du plomb dans l’aile. Côté entreprises, on semble être revenu de ces gadgets, de nombreux DRH reconnaissant combien ces artifices n’ont pas de réels impacts sur la motivation ou l’engagement des équipes.

Côté salariés, il n’est pas certain que l’on ait un jour cru en ces promesses. Mais encore moins depuis la crise Covid, « qui a transformé le rapport au travail. Ce dernier a perdu son caractère aussi central. Aujourd’hui, on est moins sur ces envies messianiques de bonheur au travail, mais sur une approche plus pragmatique où l’on va davantage rechercher à ce que le travail s’intègre plus harmonieusement dans sa vie », explique Romain Bendavid, expert associé de la Fondation Jean-Jaurès, qui a coordonné une grande étude sur le rapport au travail post-Covid1.

« Bullshit managérial »

2. Le bullshit management, revue Cadres – Lire le travail, no 498, octobre 2023.

« On parle peut-être moins de bonheur au travail et davantage de bien-être au travail, mais le fond et les pratiques restent les mêmes. On est sur les mêmes âneries », tacle Christophe Genoud, enseignant à la Haute école de gestion de Genève (HEG), consultant en management, auteur de l’ouvrage Leadership, agilité, bonheur au travail – bullshit ! (éditions Vuibert, 2023) – et qui a également contribué au numéro de Cadres consacré au « bullshit management »2.

« Tous ces discours, ce sont des fables que les entreprises se racontent. Elles se mentent et mentent à leurs collaborateurs. Car justement, le travail n’a jamais été aussi bureaucratisé, abstrait, procédurier et déshumanisant. Alors on sert un récit, celui dans lequel il suffirait d’“introduire de l’humain”, de favoriser le bonheur au travail ou la résilience pour que nos organisations redeviennent des lieux de créativité, d’innovation et de bien-être. Le problème, c’est que ces récits sont des mythes mortifères qui nuisent plus qu’ils ne soignent », assène Christophe Genoud. Un peu à la manière de cette nouvelle tarte à la crème de la « bienveillance », qui a envahi jusqu’au monde de l’entreprise.

“Quand toute la communication est faite sur le “tout va bien”, si vous amenez le “ça ne va pas”, c’est un peu comme si vous trahissiez l’entreprise », explique la chercheuse.”

Gare aux incohérences

3. La novlangue managériale. Emprise et résistance. Éditions Erès, 220 pages, 2017.

3. Et Mots et illusions : quand la langue du management nous gouverne. Éditions 10/18, « Amorce », 112 pages, 2022.

Ce n’est évidemment pas que la présence d’un baby-foot soit néfaste ou dangereuse en tant que telle dans un environnement de travail, mais potentiellement pour ce qu’elle représente. « Ces démarches – babyfoot, bonbons, corbeilles de fruits, séances de yoga… – portent avec elles une injonction à être heureux au travail, en réponse aux “attentions” de l’entreprise. Ce qui peut fragiliser ceux qui ne le seraient pas, leur donner un sentiment d’inadaptation, voire accroître leur détresse ou leur culpabilité, constatant qu’ils n’y arrivent pas, malgré “tout ce que l’entreprise fait pour eux” », indique Agnès Vandevelde-Rougale, socioanthropologue, auteure de plusieurs ouvrages sur les aspects manipulatoires de la novlangue managériale3 3. Pire, un tel contexte ou environnement qui cultive l’optimisme à tous crins peut empêcher ou saper la possibilité d’exprimer ses difficultés. « Quand toute la communication est faite sur le “tout va bien”, si vous amenez le “ça ne va pas”, c’est un peu comme si vous trahissiez l’entreprise », explique la chercheuse.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Emmanuelle Pirat

Journaliste

Le véritable problème de ces approches « bonheuristes » (l’expression est de la philosophe Julia de Funès) est qu’en ciblant les individus – c’est-à-dire en les mettant au centre –, on évite de parler du travail, on se détourne de ce qui concerne l’activité de travail, son organisation, ses difficultés. Or, et c’est bien ce qu’ont démontré des dizaines d’années de travaux universitaires, c’est en mettant le travail au cœur des réflexions et en donnant aux salariés les moyens de réaliser leur travail qu’ils trouveront le plus de satisfaction… et d’épanouissement.

Et donc gare aux incohérences ou aux contradictions : « Si vous installez une salle de sport ou que vous proposez des massages mais que vos salariés ne trouvent pas de bureau quand ils arrivent parce que l’entreprise est passée en flex office [absence de bureau attitré], le risque est grand d’une déception entre la communication de l’entreprise et la réalité des pratiques. Une déception qui peut nourrir le mal-être au travail et le turnover », conclut Agnès Vandevelde-Rougale.

 

jeudi 18 janvier 2024

Grilles des Salaires au 1er Janvier 2024

 Publié le 

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Comme à chaque modification/augmentation, dans cet article, nous vous proposons nos GRILLES INDICIAIRES PAR CORPS (38 grilles + d’autres à venir)

A compter du 1er janvier 2024, ces grilles prennent en compte l’ajout de 5 points supplémentaires par indice majoré (IM), soit un gain mensuel de 24,61 € brut, ou 19,53 € net. Le gain est de 234,36 € net sur 1 an.

Valeur du point d’indice :

La valeur annuelle du traitement afférent à l’indice 100 majoré est de 5 907,34 euros depuis le 1er juillet 2023. La valeur du point d’indice brut est de 4,923 €. La valeur du point d’indice net est de 3,907€.

Des grilles valables pour d’autres ministères :

Les grilles de salaires fonctionnent également pour les agents de l’Agriculture (MASA) pour les corps équivalents (TSDD=TSMA, SACDD=SA, Adjoints Administratifs, Adjoints techniques, Attachés). Pour les IAE, une grille vous est proposée dans la liste ci-dessous.

Ces grilles sont aussi valables pour les corps équivalents d’autres ministères tel que les adjoints administratifs, les adjoints techniques, secrétaires administratifs, attachés, assistantes sociales, chargés d’études documentaires, administrateurs, etc …

De nouvelles grilles ajoutées :
  • Personnels d’Exploitation des TPE (statut modifié au 01-01-24)
  • Personnels d’Exploitation de VNF (nouveau corps au 01-01-24)
  • Chefs d’Équipe d’Exploitation Divisionnaire des TPE (nouveau statut d’emploi fonctionnel au 01-01-24)
  • Chefs d’Équipe d’Exploitation Divisionnaire de VNF (nouveau statut d’emploi fonctionnel au 01-01-24)
  • Ingénieurs des Travaux Géographiques et Cartographiques de l’État (IGN)
  • Ingénieurs des Travaux de la Météorologie (Météo France)
Pour mémoire :

Le « à payer » correspond à un salaire, basé sur des indices, prenant en compte la retenue Pension (11,10%) ainsi que les CSG (9,2%) & CRDS (0,5%) appliqués sur 98,25% du salaire brut.
Ne sont pas prises en compte les primes (IR, PFR, RIFSEEP, PSR, IAT, NBI, …), ni la RAFP (Retraite Additionnelle de la Fonction Publique qui s’applique en partie sur les primes), ni l’Indemnité de Résidence (1% et 3%), ni l’indemnité compensatrice de la hausse de la CSG. De plus, depuis le 01/01/2019, le prélèvement de l’impôt à la source (PAS) est effectif sur vos bulletins de paie, mais bien évidemment ne peut pas être intégré dans le « à payer » de nos grilles.

Vous trouverez ci-dessous, en pièce jointe, un document PDF contenant l’ensemble des liens vers les grilles de salaires au 01/01/2024



mercredi 29 novembre 2023

La Section CFDT s'adresse au Président du CD91 sur le sujet de la PRIME DE POUVOIR D'ACHAT

 PRIME DE POUVOIR D’ACHAT EXCEPTIONNELLE

La Section CFDT CD 91, réunie le mardi 28 novembre 2023, informe les agents du Conseil Départemental de l’Essonne quant à la Prime de Pouvoir d’Achat Exceptionnelle.

Malgré le combat mené pour que la Fonction Publique Territoriale (FPT) soit traitée de la même façon que la FPE et la FPH, le décret n°2023-1006 du 31 octobre 2023 portant création d’une prime de pouvoir d’achat exceptionnelle pour certains agents publics de la fonction publique territoriale n’a pas permis d’atteindre l’objectif recherché, à savoir atténuer les conséquences de l’inflation grâce à une prime forfaire et automatique pour tous les agents publics.

Sans toutefois les y obliger, il permet aux employeurs territoriaux d’octroyer cette prime à leurs agents les plus défavorisés en reconnaissance de l’inflation subie.

Soyons clairs, cette prime ne compensera pas la perte du pouvoir d’achat, mais serait un symbole fort de la considération et de l’intérêt que les employeurs portent à leurs agents et une façon de lutter contre l’injustice sociale dont fait l’objet la FPT.

Nous approuvons les décisions des élus qui l’ont octroyée, d’autres sont en cours et certains vont même jusqu’à proposer de réduire leurs propres indemnités si leur budget ne leur permet pas, afin que les personnels puissent la percevoir. Nul doute que ce geste serait apprécié à sa juste valeur tant par les agents que la population.

Rappelons que cette prime peut être fractionnable et versable jusqu’en juin 2024.

Si les employeurs refusent d’octroyer cette prime sans même ouvrir une discussion avec les organisations syndicales représentatives dans leur CST, ils cautionneraient de classer leurs agents dans la catégorie des sous fonctionnaires et de leur faire payer l’inflation.

La CFDT demande au Président du Conseil Départemental de l’Essonne d’ouvrir des négociations avec les organisations syndicales et de permettre à un maximum d’agents pouvant y prétendre de percevoir cette prime qui, rappelons-le, n’est qu’exceptionnelle.

 

Julia De Lemos

Secrétaire de la section, avec l’ensemble de la Section CFDT CD 91

Décret du 31.10.2023 et la note de la DGCL



mercredi 8 novembre 2023

LE DROIT À L’INFORMATION DE L’AGENT PUBLIC

 Publié le 07/11/2023

par Pôle juridique - CFDT Fonction publique

Cette fiche, rédigée par le pôle juridique de la CFDT Fonction publique, reprend les dispositions concernant le droit à l’information de l’agent public : De quoi s'agit-il ? Qui est concerné ? Quelles informations ? Quelles modalités ? …