mercredi 26 août 2026

La situation salariale des agents publics s’aggrave

 Publié le 3 juin 2026

uffa.cfdt.fr

Réunis en conférence de presse intersyndicale le 3 juin, les huit organisations représentatives de la fonction publique ont dénoncé une situation sociale qui se dégrade fortement pour les agentes et agents publics. Face au silence du gouvernement et à l’absence de toute réponse à leur demande d’audience, elles alertent sur les effets du gel du point d’indice, le décrochage des rémunérations face au SMIC et l’affaiblissement inédit du principe de carrière, appelant à l’ouverture urgente d’un dialogue salarial à la hauteur des enjeux.

Déclaration intersyndicale

 

Mesdames et Messieurs,

Merci d’avoir répondu favorablement à notre invitation pour cette conférence de presse.

Si nous sommes réunis aujourd’hui, c’est d’abord pour constater un silence. Un silence qui en dit long.

Depuis l’envoi de notre courrier unitaire au Premier ministre le 19 mai, soit depuis 15 jrs, les huit organisations syndicales représentatives de la fonction publique n’ont reçu ni réponse, ni proposition de rendez-vous. Dans un contexte de tension salariale majeure, cette absence de dialogue est un signal politique fort : celui d’un refus, à ce stade, de traiter sérieusement la question des rémunérations des agentes et des agents publics.

Pendant ce temps, la réalité sociale, elle, ne s’arrête pas. Elle s’aggrave. L’inflation repart, tirée notamment par la hausse des prix de l’énergie, et atteint 2,2 % sur un an au mois d’avril. Cette dynamique entraîne mécaniquement une revalorisation du SMIC, qui augmente de 2,41 %.

Mais dans la fonction publique, le point d’indice reste gelé, pour la troisième année consécutive à 4,92€.

Ce décalage produit aujourd’hui des effets massifs et profondément préoccupants. Déjà, au 1er janvier 2026, 356 000 agentes et agents publics étaient rémunérés en dessous du SMIC indiciaire et dépendaient d’une indemnité différentielle pour atteindre le minimum légal. Depuis le 1er juin, ils sont près de 862 000.

Derrière ces chiffres, c’est un basculement historique qui est à l’œuvre.

C’est la logique même de carrière dans la fonction publique qui est fragilisée, voire remise en cause. Dans les catégories C et B, des années d’ancienneté, des promotions, des réussites aux concours ne se traduisent plus par de réels gains de rémunération.

Pour matérialiser cette réalité :

Pour la catégorie C, la situation est particulièrement préoccupante : dans le premier grade, 10 échelons sur 11 sont en dessous du SMIC, ce qui représente jusqu’à 19 ans sans progression de rémunération indiciaire.

Dans le deuxième grade, ce sont 7 échelons sur 12 qui sont concernés, soit environ 8 années sans évolution salariale. Enfin, dans le troisième grade, les 3 premiers échelons sur 10 placent les agentes et agents dans une situation similaire pendant près de 4 ans.

La catégorie B est également touchée par ce phénomène de “rattrapage” par le SMIC, ce qui interroge directement la reconnaissance des qualifications. En B1, 5 échelons sur 13 se situent sous le SMIC, entraînant jusqu’à 6 années sans progression de rémunération. En B2, la situation reste préoccupante avec 2 échelons sur 12 également concernés.

Enfin, pour la catégorie A, l’écart avec le SMIC est désormais réduit à seulement 15 points d’indice, soit environ 74 € bruts. Dans le même temps, les élèves fonctionnaires se retrouvent déjà rémunérés en dessous du SMIC, et certains corps atypiques de catégorie A passent également sous ce seuil.

Ce que nous constatons aujourd’hui, c’est une forme de banalisation du SMIC dans la fonction publique, avec un affaiblissement du principe de carrière.

Les propres projections de la DGAFP sont alarmantes : à horizon 20282029, la catégorie A démarrerait elle aussi au niveau du SMIC si rien n’est fait. Autrement dit, à moyen terme, l’ensemble des grilles d’entrée de carrière – C, B et A – seraient rattrapées par le minimum interprofessionnel. Cela reviendrait à effacer la fonction publique de carrière, au profit d’agents publics qualifiés payés au Smic auquel s’ajoute des primes.  

Pour nos huit organisations syndicales, cette situation n’est pas une fatalité technique. C’est le résultat de choix politiques : celui de ne pas revaloriser le point d’indice et de ne pas engager de réflexion d’ensemble sur les grilles de rémunération.

Les conséquences sont connues : perte de pouvoir d’achat, départs anticipés, perte d’attractivité, difficultés de recrutement, fragilisation des parcours professionnels – et, au final, affaiblissement du service public lui-même.

Face à cette situation, nos organisations portent des revendications claires, responsables et argumentées : 

  • Des mesures salariales générales : une revalorisation significative de la valeur du point d’indice est urgente et nécessaire ; 

  • Le rétablissement du versement de la garantie individuelle de pouvoir d’achat ; 

  • Le maintien à 100 % des rémunérations versées aux agent·es qui sont en congé maladie ordinaire et l’abrogation du jour de carence ; 

  • Des mesures de revalorisation et la refonte des grilles indiciaires permettant, dans chaque catégorie, une véritable progression de carrière et la sortie des débuts de carrière du niveau du Smic de même que la revalorisation des métiers à prédominance féminine ; 

  • L’égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes ; 

  • Des garanties sur la mise en œuvre effective de la directive européenne sur la transparence salariale, accompagnée de moyens pour des politiques d’égalité ; 

Nous sommes prêtes à discuter, à négocier, à construire des solutions.

Mais encore faut-il un interlocuteur.

C’est pourquoi nous demandons aujourd’hui publiquement l’ouverture immédiate d’une véritable négociation salariale dans la fonction publique, à la hauteur des enjeux.

Dans un pays où la crise du pouvoir d’achat reste au cœur des préoccupations, où les services publics tiennent souvent par le dévouement de leurs agentes et de leurs agents, ce refus de dialogue est incompréhensible et inacceptable. 

Nous l’affirmons avec force : on ne peut pas laisser une situation où, le 1ᵉʳ juin, 862 000 agents publics sont maintenus au niveau du SMIC par une indemnité différentielle, pendant que le gouvernement explique qu’il n’y aurait rien à discuter sur les salaires. On ne peut pas continuer à paupériser durablement la fonction publique au risque de fragiliser encore plus le service aux citoyens.  

Nous portons aujourd’hui, publiquement et avec détermination, les demandes suivantes

  • L’ouverture immédiate d’une négociation salariale de haut niveau sur le point d’indice et les grilles ; 

  • Un engagement clair du gouvernement à mettre fin à l’affaiblissement du principe de carrière et à redonner du sens aux grilles indiciaires. 

À défaut, chacun devra prendre ses responsabilités. Et les agentes et agents publics sauront, le moment venu, faire entendre leur voix.

Catégorie C

Catégorie B

Catégorie A

Rapport annuel 2025 sur l’état de la fonction publique

 Publié le 28 oct. 2025

uffa.cfdt.fr

  • Comptes-rendus

La formation spécialisée « statistiques » du Conseil commun de la fonction publique s’est réunie le 23 octobre 2025. Le rapport annuel sur l’état de la fonction publique – édition 2025 – y a été présenté aux organisations syndicales et aux employeurs publics. Ce document élaboré par le service statistique ministériel constitue une véritable mine d’informations, qui vient appuyer et légitimer les revendications portées par la CFDT, en particulier sur la question de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

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Rémunérations des agents publics en 2023

En 2023, le salaire net moyen des agents de la fonction publique s’établit à 2 652 €, contre 2 735 € dans le secteur privé.

Les trois versants de la fonction publique ont connu une nouvelle baisse du pouvoir d’achat en 2023 (-0,7 %), mesurée en euros constants sur le salaire net moyen :

  • Fonction publique d’État : -0,2 %
  • Fonction publique territoriale : -1,2 %
  • Fonction publique hospitalière : -1,4 %

Chez les fonctionnaires, une part importante de la rémunération repose sur les primes, dont seule une fraction est prise en compte dans le calcul de la pension de retraite. Ces indemnités ne cessent d’augmenter, représentant en moyenne un quart de la rémunération globale, et jusqu’à un tiers pour certains.

Pour la CFDT, il est impératif que le gouvernement convoque rapidement un rendez-vous salarial, attendu depuis deux ans. En plus de mesures générales, la CFDT revendiquera notamment :

  • Le versement de la GIPA (garantie individuelle du pouvoir d’achat), suspendue depuis deux ans
  • Une augmentation des ratios de promotion et avancements
  • L’ouverture d’un chantier pluriannuel sur les perspectives salariales (grilles indiciaires)
  • Une meilleure prise en compte des primes dans le calcul des pensions

Les alertes des agents sur leurs difficultés quotidiennes doivent être entendues : le travail mérite d’être mieux reconnu et rémunéré par l’ensemble des employeurs publics.

Égalité professionnelle dans la fonction publique

Le taux de féminisation de la fonction publique poursuit sa progression, atteignant 64 % en 2023 (+1 point par rapport à 2022), soit 17 points de plus que dans le secteur privé.

Les femmes sont majoritaires dans :

  • La fonction publique hospitalière (FPH) : 78 %
  • La fonction publique territoriale (FPT) : 61 %
  • La fonction publique d’État (FPE) : 58 %

Cependant, leur présence dans les catégories hiérarchiques les plus élevées (catégorie A+) reste inférieure :

  • FPH : 55 %
  • FPT : 54 %
  • FPE : 43 %

Depuis 2011, la part des femmes dans l’encadrement supérieur progresse, mais de manière inégale selon les versants.

Côté rémunération, les femmes perçoivent en moyenne un salaire inférieur de 9,9 % à celui des hommes, à temps de travail équivalent. Cette différence ne tient pas compte du temps partiel, plus fréquent chez les femmes (25 % contre 9 % chez les hommes). L’écart diminue progressivement depuis dix ans, mais reste significatif : quasi nul avant 30 ans, il dépasse 11 % après 50 ans.

Les femmes, qui représentent 64 % des agents publics, sont surreprésentées dans les emplois les moins rémunérés (70 % dans le premier décile) et sous-représentées dans les mieux rémunérés (50 % dans le dernier décile, 39 % dans le top 1 %).

Sur le plan de la santé, les femmes se déclarent en moins bonne santé que les hommes, quel que soit l’âge : 29 % déclarent une maladie chronique ou un problème de santé durable (contre 24 % des hommes), et 21 % présentent un risque de symptômes dépressifs (contre 16 % des hommes).

Concernant les départs à la retraite, en 2024, une femme sur cinq part avec une pension au minimum garanti, soit 2 points de plus qu’en 2023. Parmi les pensionnés « classiques », 18 % des femmes bénéficient du minimum garanti, contre 11 % des hommes.

Pour la CFDT, la négociation à venir sur l’égalité professionnelle devra répondre à l’ensemble de ces enjeux : rémunération, déroulement de carrière, conditions de travail, santé.

Effectifs de la fonction publique en 2023

La part de l’emploi public dans l’emploi total reste au plus bas depuis 30 ans.

Pourtant, en 2023, les effectifs de la fonction publique ont augmenté de 91 800 agents, dont 30 % en contrats aidés.

Les employeurs publics ont majoritairement recruté des contractuels, qui représentent désormais 23 % des agents (+1 point par rapport à 2022). Les fonctions publiques d’État et territoriale ont vu leur taux de recrutement de contractuels progresser respectivement de 5,5 % et 6,2 %, tandis que la fonction publique hospitalière a recruté davantage de fonctionnaires.

Par ailleurs, 11 % des postes sont restés vacants en 2023.

Aujourd’hui, 37 % des agents publics ont plus de 50 ans (44 % des fonctionnaires, 24 % des contractuels). D’ici dix ans, la fonction publique devra recruter près de 2 millions d’agents pour maintenir le niveau du service public.

Pour la CFDT, les employeurs doivent relever le défi de l’attractivité de la fonction publique, tant sur le plan salarial que sur les perspectives de carrière, les conditions de travail et le sens donné aux missions, afin d’inciter les jeunes à s’engager au service des citoyens. Après le recrutement, le deuxième défi est celui de la fidélisation.

Apprentissage en 2023

Pour la troisième année consécutive, le nombre de contrats d’apprentissage a augmenté (+12,2 %). En 2023, 31 000 apprentis se forment dans la fonction publique, dont 60 % dans la FPT.

Pour la CFDT, faciliter l’intégration de ces jeunes dans la fonction publique, lorsqu’ils le souhaitent, doit être une priorité. Cette revendication est portée par la CFDT depuis plusieurs années.

Arrêts maladie en 2024

La part des agents publics absents pour raison de santé continue de diminuer, se rapprochant du niveau observé chez les salariés du secteur privé.

Entre 2023 et 2024, la fonction publique enregistre une baisse des absences pour raison de santé (-0,9 jour), tandis qu’elles augmentent dans le secteur privé (+0,3 jour). L’écart entre les deux se réduit : 0,5 jour en 2024 contre 0,8 jour en 2023.

Cette évolution est à mettre en perspective avec les caractéristiques démographiques des deux populations : la fonction publique est plus féminisée (64 % contre 47 % dans le privé) et compte davantage de personnes de plus de 50 ans (37 % contre 32 %).

Pour la CFDT, ces chiffres battent en brèche les idées reçues qui continuent à stigmatiser les agents publics. Il est essentiel de s’intéresser aux causes des absences pour raison de santé afin d’agir concrètement sur les conditions de travail et préserver la santé des agents. Il est urgent de prendre en compte les contraintes physiques, les horaires atypiques et les risques psychosociaux, en analysant la pénibilité du travail plutôt que de pointer du doigt les agents.

Départs en retraite dans la fonction publique en 2024

En 2024, les agents des trois versants de la fonction publique liquident leur retraite en moyenne trois mois plus tard qu’en 2023, conséquence directe de la dernière réforme des retraites, contre laquelle la CFDT s’est mobilisée. Cette réforme a entraîné une baisse de 13,3 % du nombre de départs à la retraite.

Quelques données sur les types de pensions :

  • Un agent sur dix part à la retraite suite à une procédure d’invalidité.
  • La part des pensions avec surcote reste stable par rapport à 2023.
  • Les pensions « normales » et « décotées » enregistrent une légère baisse.
  • Un agent sur cinq part avec le minimum garanti (+3 points par rapport à 2023), avec des disparités marquées selon les versants :
    • Fonction publique d’État (FPE) : 6 %
    • Fonction publique territoriale (FPT) : 31 %
    • Fonction publique hospitalière (FPH) : 27 %

Pour la CFDT, ces chiffres appellent à une attention particulière sur les conditions et le temps de travail dans la FPT et la FPH. Ces éléments doivent être examinés dans le cadre des politiques de qualité de vie au travail.

 

Lire : Rapport annuel sur l'état de la fonction publique : Faits et chiffres, édition 2025

Les inégalités de salaires dans la fonction publique

 Source : Observatoire des Inégalités

Publié le 17 octobre 2023

Dans la fonction publique, les 10 % des agents les mieux rémunérés touchent au moins 2,4 fois plus que les 10 % les moins bien payés. Les inégalités de salaires sont plus accentuées dans la fonction publique d’État et à l’hôpital que dans les collectivités locales.

Un fonctionnaire sur dix touche moins de 1 480 euros net par mois [1] selon les données 2020 du ministère de la Fonction publique [2]. Les 10 % les moins bien rémunérés gagnent 2,3 fois moins que les 10 % les mieux lotis (3 500 euros), soit près de 2 000 euros en moins par mois. Dans la fonction publique territoriale (FPT) et dans la fonction publique hospitalière (FPH), ce rapport est moindre, respectivement 2,0 et 2,1. Dans la fonction publique d’État (FPE), les écarts sont plus élevés : les 10 % les mieux rémunérés gagnent 2,4 fois plus que les 10 % les moins bien lotis, soit un écart minimum de 2 220 euros mensuels. À titre de comparaison, même si cette dernière doit être considérée avec prudence compte tenu de pratiques salariales qui diffèrent, les 10 % des salariés du privé les moins bien payés gagnent trois fois moins que les 10 % les mieux rémunérés (un écart de près de 3 000 euros par mois).

Le salaire médian (autant d’agents de la fonction publique gagnent moins et autant gagnent plus) se situe aux alentours de 2 100 euros dans l’ensemble de la fonction publique (2 000 euros dans le secteur privé). Il est plus élevé dans la FPE (2 440 euros) et plus bas dans la FPT (1 800 euros). Ce sont aussi les agents territoriaux les 10 % les moins bien rémunérés qui ont le salaire le plus bas : au plus 1 400 euros par mois contre 1 600 euros dans la FPE et la FPH.

Si l’on considère les 10 % les mieux payés de la fonction publique, les agents de l’État se situent en haut de l’échelle en matière de hautes rémunérations, avec un salaire d’au moins 3 800 euros par mois, contre au minimum 3 400 euros pour les mieux payés des hôpitaux et au moins 2 900 euros pour les collectivités locales.

Les inégalités de salaires dans la fonction publique
Unité : euros
Fonction publique d'État
Fonction publique territoriale
Fonction publique hospitalière
Ensemble de la fonction publique
Salariés du secteur privé
Les 10 % les moins bien payés gagnent au plus...1 5741 4041 6001 4821 343
Salaire médian2 4431 8352 1192 1282 005
Les 10 % les mieux payés gagnent au moins...3 7922 8183 4003 4464 031
Rapport entre les 10 % des plus hauts revenus et les 10 % les plus bas2,42,02,12,33,0
Écart entre les 10 % des plus hauts revenus et les 10 % les plus bas2 2181 4141 8001 9642 688
Salaires nets mensuels moyens pour des temps complets.
Lecture : : les 10 % les mieux payés de la fonction publique d'État gagnent au moins 3 792 euros par mois, soit 2,4 fois plus que ce que gagnent au plus les 10 % les moins bien payés de la même branche de la fonction publique.
Source : ministère de la Fonction publique – Données 2020 – © Observatoire des inégalités

Les inégalités de salaires selon la catégorie socioprofessionnelle

Les disparités de salaires dans la fonction publique s’expliquent en partie par une structure différente des catégories socioprofessionnelles dans chacune de ses trois branches. Par exemple dans la fonction publique territoriale, les ouvriers et les employés (les agents de catégorie C), qui sont les moins bien rémunérés (en moyenne 1 800 euros par mois), représentent la majorité des agents (75 %), contre 21 % dans les services publics de l’État. À l’opposé, les cadres (catégorie A) ne représentent que 13 % des agents territoriaux contre plus de la moitié (56 %) dans la fonction publique d’État, qui emploie les enseignants notamment.

Les cadres supérieurs de la fonction publique hospitalière disposent de loin des plus hauts salaires (en moyenne 5 000 euros net par mois pour un temps complet), soit 1,6 fois plus que les cadres de la fonction publique d’État (3 200 euros) et 1,5 fois plus que ceux des collectivités territoriales (3 400 euros). On trouve parmi eux des directeurs d’hôpitaux, des médecins et des pharmaciens notamment.

Les professions intermédiaires des trois fonctions publiques ont des salaires mensuels nets moyens à peu près équivalents (aux alentours de 2 400 euros, et proches de celui des professions intermédiaires du privé). La catégorie employés-ouvriers de la fonction publique d’État bénéficie des salaires moyens les plus élevés (2 200 euros) contre 1 800 euros dans la fonction publique territoriale et 1 900 euros dans le secteur hospitalier, des niveaux là aussi à peu près équivalents aux salaires moyens des employés et ouvriers du privé (1 800 euros par mois).

Les salaires dans la fonction publique selon la catégorie socioprofessionnelle
Unité : euros
Fonction publique d'État
Fonction publique territoriale
Fonction publique hospitalière
Ensemble de la fonction publique
Salariés du secteur privé
Cadres supérieurs3 2383 4405 1263 4714 339
Professions intermédiaires2 3512 3312 4922 3842 458
Employés et ouvriers2 2061 7801 9021 8881 822
Ensemble2 6392 0192 4642 3782 518
Rapport cadres supérieurs / employés ouvriers1,51,92,71,82,4
Écart cadres supérieurs / employés ouvriers (en euros)1 0321 6603 2241 5832 517
Salaires nets mensuels moyens pour des temps complets.
Lecture : les cadres supérieurs de la fonction publique d'État gagnent en moyenne 3 238 euros par mois, soit 1,5 fois plus que les employés et ouvriers de la même branche de la fonction publique.
Source : ministère de la Fonction publique – Données 2020 – © Observatoire des inégalités

[1] Salaire mensuel net pour un temps complet.

[2] « Les rémunérations dans la fonction publique en 2020 », ministère de la Fonction publique, novembre 2022. La fonction publique est divisée en trois : les fonctionnaires de l’État, des collectivités locales et des hôpitaux.

mardi 25 août 2026

Le vélo change de braquet : une mobilité du quotidien qui gagne du terrain

 Publié le

Une nouvelle étude de l’ADEME publiée en 2026 confirme une tendance de fond : le vélo s’installe durablement dans les habitudes de déplacement des Français. Au-delà de la pratique sportive ou de loisir, il devient progressivement un mode de transport du quotidien, avec des bénéfices économiques, sociaux, environnementaux et sanitaires considérables.

Une pratique qui progresse partout

La progression du vélo en France se confirme. En 2024, un Français sur trois utilise un vélo au moins une fois par mois et 24 % le pratiquent au moins une fois par semaine, contre seulement 12 % en 2012.

Cette évolution est particulièrement visible depuis la crise sanitaire, qui a accéléré les investissements publics en faveur des mobilités actives et modifié les habitudes de déplacement. Les comptages réalisés sur les aménagements cyclables montrent ainsi une hausse de fréquentation de 37 % entre 2019 et 2023.

Si les métropoles restent en tête, les territoires moins denses ne sont pas en reste. Les communautés d’agglomération et même certains espaces ruraux connaissent une progression significative de l’usage du vélo.

Du loisir au trajet domicile-travail

Le vélo conserve une place importante dans les activités de loisir, mais son usage quotidien progresse fortement.

Entre 2017 et 2022, la part des déplacements domicile-travail réalisés à vélo est passée de 2,2 % à 3,4 % à l’échelle nationale. Dans les métropoles et communautés urbaines, elle atteint désormais 6,1 %, soit une augmentation de plus de 50 % en cinq ans.

Cette évolution est loin d’être anecdotique. Elle traduit une diversification des usages : le vélo devient un moyen de transport crédible pour les trajets de nécessité, notamment lorsque les infrastructures sont adaptées et sécurisées.

Autre enseignement intéressant : un cycliste sur six combine le vélo avec un autre mode de transport, principalement les transports collectifs. Le vélo joue ainsi un rôle essentiel dans l’intermodalité et l’accès aux gares, tramways ou bus.

Une filière économique qui pèse lourd

Le développement du vélo ne profite pas seulement aux usagers.

L’économie du vélo représente désormais plus de 72 000 emplois équivalents temps plein en France. Elle couvre des activités très diverses : fabrication, vente, réparation, location, tourisme, aménagements cyclables, formation ou encore cyclologistique.

Même si la production de vélos a connu un ralentissement depuis 2022, le marché reste dynamique. Les ventes de vélos, pièces et accessoires ont généré plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024.

Le vélo à assistance électrique (VAE) joue un rôle moteur dans cette évolution. Il représente désormais près de 60 % de la valeur des ventes du secteur et contribue à élargir le public utilisateur, notamment pour les déplacements quotidiens et les trajets plus longs.

Un investissement utile pour les territoires

Les collectivités poursuivent leurs investissements.

Entre 2022 et 2025, le nombre de places de stationnement vélo a progressé de 44 %, tandis que le réseau d’aménagements cyclables a augmenté de 14 %, atteignant plus de 86 000 kilomètres.

Ces investissements répondent à plusieurs objectifs :

  • faciliter les déplacements quotidiens ;
  • réduire la dépendance à la voiture individuelle ;
  • améliorer l’accès aux services et à l’emploi ;
  • renforcer l’attractivité des territoires ;
  • contribuer à la transition écologique.

Ils participent également à la mise en œuvre des objectifs de sobriété foncière. Selon l’étude, les infrastructures cyclables représentent une consommation d’espace très limitée par rapport aux infrastructures routières.

Santé, emploi, climat : des bénéfices collectifs

L’un des apports majeurs de l’étude est de quantifier les bénéfices indirects du vélo.

La pratique régulière contribue à l’amélioration de la santé physique et mentale. Les travaux cités par l’ADEME estiment qu’elle permet d’éviter chaque année près de 2 000 décès prématurés et plusieurs milliers de maladies chroniques.

Le vélo agit également comme un levier d’insertion professionnelle. Pour certains publics, notamment les jeunes et les personnes éloignées de l’emploi, il réduit les difficultés de mobilité qui constituent souvent un frein à l’embauche.

Sur le plan environnemental, l’augmentation de la part modale du vélo contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre, la pollution atmosphérique, le bruit et la congestion routière.

Un enjeu de service public et d’aménagement du territoire

Pour la CFDT, ces résultats confirment que les politiques cyclables ne relèvent pas seulement des loisirs ou de l’aménagement urbain.

Elles constituent un véritable enjeu de service public, de santé au travail, d’accès à l’emploi et d’égalité territoriale.

Le développement du vélo doit s’accompagner d’infrastructures sécurisées, d’offres de stationnement adaptées, d’une meilleure articulation avec les transports collectifs et d’un soutien aux dispositifs favorisant les déplacements domicile-travail.

Dans un contexte de transition écologique et de recherche de solutions de mobilité accessibles à tous, le vélo apparaît plus que jamais comme un investissement utile pour les citoyens, les collectivités et la société dans son ensemble.

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L’avis de l’UFETAM-CFDT

Les résultats de l’étude de l’ADEME posent une question simple : comment poursuivre la dynamique observée si l’État se désengage de son financement ?

La progression du vélo en France n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte de plusieurs années d’investissements publics, de la mise en œuvre du Plan Vélo, du développement des aménagements cyclables, des aides à l’acquisition de vélos et de l’engagement des collectivités territoriales.

Or, après le gel des crédits du Fonds mobilités actives en 2024, le gouvernement a abandonné en 2025 le financement national du Plan Vélo qui devait mobiliser 2 milliards d’euros d’ici 2027. Ce choix a conduit au gel ou au report de nombreux projets d’aménagements cyclables et a transféré l’essentiel de l’effort financier vers des collectivités déjà confrontées à de fortes contraintes budgétaires.

Cette décision apparaît d’autant plus paradoxale que l’étude publiée aujourd’hui démontre précisément les bénéfices des politiques cyclables : augmentation des déplacements domicile-travail à vélo, amélioration de la santé publique, réduction de l’absentéisme, baisse des émissions de gaz à effet de serre, développement de l’emploi dans la filière et renforcement de l’attractivité des territoires.

Pour l’UFETAM-CFDT, les mobilités actives ne doivent pas être considérées comme une variable d’ajustement budgétaire. Elles constituent un investissement utile pour la transition écologique, la santé publique, le pouvoir d’achat des ménages et les conditions de déplacement des agents publics.

L’UFETAM-CFDT estime que l’État doit retrouver un rôle moteur dans le financement des infrastructures cyclables, aux côtés des collectivités territoriales, afin de garantir la continuité des politiques engagées et de permettre à chacun de choisir des modes de déplacement sûrs, accessibles et durables.

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Sources :

Etude ADEME « Impact socioéconomique des usages du vélo en France » (2026), Enquête nationale « Usage du vélo » (DGITM, résultats 2024), synthèse ADEME 2026, Localtis et Vie-publique.fr.

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Par UFETAM-CFDT

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