mardi 19 mai 2026

Il faut augmenter le pouvoir d’achat des agents publics !

 Publié le 22 avr. 2026 sur le site CFDT Finnances

Lors du CSAM du 16 avril, nous avons interpellé David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics mais aussi de la Fonction publique, sur la question salariale.


En effet, le gel continu de la valeur du point d’indice, associé à l’écrasement des grilles indiciaires, à la non revalorisation des primes, aux taux de promotion insuffisants, à la suppression de la Garantie Individuelle du Pouvoir d’Achat (GIPA), au jour de carence en cas de maladie et à la réduction de 10 % de l’indemnisation pendant les trois premiers mois d’arrêt maladie…, contribuent tous à une dégradation persistante du pouvoir d’achat.  

En parallèle la hausse constante du coût de la vie, de l’énergie, de la nourriture, du logement…, réduit encore un peu plus le reste à vivre des agents, surtout ceux aux revenus les plus bas, les mettant quelquefois en grande difficulté. 

 De son côté, la CFDT Fonction publique a écrit au ministre le 3 avril, ainsi qu’au Premier ministre pour demander que la rémunération des agents publics soit enfin réévaluée. Aucune réponse à ce jour. 

Le dernier groupe de travail à la Fonction publique a été vécu comme une provocation : sans document de travail, le gouvernement vient les mains dans les poches, qu’il nous dit vides, sans tracer le début du commencement d’un dialogue constructif. 

Il est plus que temps que le ministre de la Fonction publique ouvre des négociations salariales à la Fonction publique ! 

L’urgence : compenser la hausse des prix des carburants 

Devant la hausse des prix des carburants, des mesures compensatoires doivent être décidées pour les agents utilisant leur véhicule personnel pour exercer leurs missions de service public. La revalorisation du barème des frais kilométriques en fait partie. 

L’urgence : pétrole contre télétravail 

La CFDT Finances et la CFTC Finances plaident pour un recours au télétravail facilité afin que les agents qui peuvent en bénéficier économisent sur leur poste de carburant. 

Cette mesure est d’autant plus facile à prendre qu’elle tombe sous le sens et que des accords Fonction publique et ministériel le prévoient

Bref, nous avons la désagréable sensation de venir vendre quelque chose de gratuit au ministre qui n’en veut pas. En attendant, ce sont les agents qui en font les frais

Le ministre s’est, malgré tout, engagé à ce qu’une circulaire Fonction publique rappelle aux directeurs et chefs de service que l’extension du nombre de jours télétravaillés peut être une solution intelligente pour diminuer les dépenses contraintes des agents. Il a précisé qu’il ciblerait particulièrement les agents aux revenus les moins élevés qui utilisent leur voiture. 

Bref, une note supplémentaire pour rappeler aux responsables des marges de manœuvres qui tombent sous le sens, preuve d’un management un peu trop “louis quatorzien”. 



Augmentation du SMIC au 1er juin 2026

Service public.gouv 

Le Smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance) augmente chaque année le 1er janvier. Il est par ailleurs automatiquement revalorisé en cours d’année, en cas de forte inflation. Le Smic augmentera ainsi de 2,41 % le 1er juin, du fait notamment de la forte hausse des prix de l’énergie.

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Johan Theuret Directeur général adjoint de la Ville et de la Métropole de Rennes chargé du Pôle ressources publie sur Linkedin

#FonctionPublique : la hausse du #SMIC au 1er juin 2026 (+2,41 %) accentue encore le #DécrochageSalarial des agents publics : Plus d’1 million d’agents percevront une rémunération équivalente au SMIC grâce à une indemnité différentielle.


Les graphiques du Le Sens du Service public sont sans appel sur les enjeux salariaux dans la fonction publique :

🔹Les agents de catégorie C sont massivement rattrapés par le SMIC :
👉 À partir du 1er juin, tous les agents de catégorie C de la grille C1 du 1er au 10e échelon auront un traitement indiciaire inférieur au SMIC.

🔹L’ancienneté ne paie presque plus :
👉 Un agent de catégorie C avec 19 ans d’ancienneté ne gagnera plus que… 38€ bruts au-dessus du SMIC.

🔹Le phénomène touche aussi les catégories B :
👉 Les agents de catégorie B du 1er au 5e échelon seront eux aussi sous le SMIC indiciaire. Même avec 6 ans d’ancienneté, l’écart avec le SMIC ne sera plus que de 33€ bruts contre 128€ en 2023.

🔹Même la catégorie A est rattrapée :
👉 Un agent de catégorie A au 1er échelon ne percevra plus que 77€ bruts de plus que le SMIC.

⚠️ Le déclassement salarial touche désormais l’ensemble des catégories de la fonction publique.

🤔🤔Trois conséquences majeures :

➡️ Un nouveau tassement des grilles indiciaires :
Quand le SMIC augmente plus vite que les traitements indiciaires, les premiers échelons des grilles se retrouvent alignés au même niveau. Résultat : les écarts de rémunération entre débutants et agents expérimentés se réduisent fortement, effaçant progressivement la reconnaissance de l’ancienneté, des qualifications et des responsabilités.

➡️ Il y a urgence à réviser les grilles indiciaires :
La refonte des grilles devient indispensable pour redonner du sens aux parcours professionnels et assurer une véritable reconnaissance salariale des métiers publics.

➡️ Le chantier de la rémunération devient prioritaire :
Sans réforme ambitieuse des rémunérations, une partie croissante des agents publics risque de basculer dans une forme de paupérisation salariale, avec des conséquences directes sur l’attractivité des métiers publics et la qualité du service public.



lundi 11 mai 2026

Le (nouveau) Guide de l’agent public - édition 2026 -

 AU SOMMAIRE :

• les grands principes de la fonction publique
• l’organisation des emplois dans la fonction publique
• le personnel
• la rémunération
• les droits des agents
• les obligations des agents
• la carrière
• la formation des agents publics
• les positions administratives
• la cessation de fonctions
• le temps de travail
• les congés et autorisations d’absence
• la discipline
• les instances représentatives du personnel
• La CFDT et vous
• pour aller plus loin



vous pouvez le retrouver en version numérique en cliquant directement sur la photo.


jeudi 7 mai 2026

Un quart des agents publics envisagent un départ dans le secteur privé

 Source : Banque des territoires

Le baromètre du travail de la fonction publique que la CFDT a rendu public le 30 avril livre un portrait assez sombre des agents publics. Le moral de ces derniers est plombé notamment par la perte d’attractivité de leurs métiers. 24% déclarent qu'il est probable qu'ils quitteront la fonction publique dans les prochaines années.

L’enquête a été réalisée en janvier par le cabinet Vérian auprès de 1.000 agents (fonctionnaires et contractuels) représentatifs des trois versants de la fonction publique. 44% des agents ayant répondu se disent inquiets et 36% gagnés par la lassitude. C'est moins le cas des agents territoriaux (respectivement 39% et 30%). On trouve également davantage d'agents territoriaux avec un état d'esprit positif (34% disent avoir de l'espoir, contre 28% pour les agents des hôpitaux et 25% des agents de l'État).

Dans le même temps, 84% des agents ont le sentiment de faire du bon travail, 74% trouvent du sens dans leur travail et 66% se sentent bien au travail. Par ailleurs, 73% des agents sont attachés au fait de travailler pour la fonction publique. Dans la fonction publique territoriale, l'attachement est plus fort chez les agents de catégorie A (84%) que chez ceux de la catégorie C (67%).

Cet attachement ne suffit toutefois plus à retenir les agents. 24% déclarent qu'il est assez ou très probable qu'ils quitteront la fonction publique dans les prochaines années. 53% de ces agents déclarent que leur envie de départ est motivée par l'insuffisance de leur salaire, tandis que 44% mettent en avant les conditions de travail dégradées.

Temps de travail : le secteur public jugé toujours avantageux

La concurrence exercée par le secteur privé est très vive. Il n’y a en effet qu’en matière de temps de travail que les agents publics sont plus nombreux (36%) à considérer que la fonction publique est avantageuse par rapport au privé (19% jugeant qu'elle est désavantageuse dans ce domaine). Les autres (45%) estiment que, sur ce point, la situation est la même. Sur de nombreux autres aspects (perspectives de carrière, reconnaissance de son travail par la société, montant des retraites), les agents publics jugent que leur situation soutient mal la comparaison avec le secteur privé. C'est bien en matière de rémunération que "le sentiment de décrochage par rapport au privé" est "le plus fort", selon la CFDT : 67% des répondants considèrent qu'"ils sont moins bien lotis que les salariés du privé".

Toujours selon l'enquête, 60% des agents des trois versants se sentent soutenus par leur supérieur hiérarchique direct et 76% par leurs collègues. Dans la fonction publique territoriale, c'est le cas respectivement de 65% et 75% des agents. En revanche, seule une minorité des agents publics estiment pouvoir compter sur le soutien de leur administration (31% pour l'ensemble de la fonction publique et 40% pour les agents territoriaux).