mercredi 14 juin 2023

Revalorisation des salaires dans la fonction publique : encore un rendez-vous raté

Article dans Syndicalisme Hebdo

 Le 12 juin, Stanislas Guerini a annoncé une revalorisation du point d’indice de 1,5 % au 1er juillet 2023… très en deçà des revendications de la CFDT-Fonctions publiques et des attentes exprimés par les agents. Une rencontre avant l’été afin de parler de la négociation de la politique salariale a par ailleurs été actée.

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 13/06/2023 à 14h00

Stanislas Guerini, ministre de la Transformation et de la Fonction publiques.
Stanislas Guerini, ministre de la Transformation et de la Fonction publiques.© Eric Tschaen/RÉA

« Le gouvernement ne prend pas la mesure de la crise que traversent les services publics ni n’entend les inquiétudes des agents », déplore Mylène Jacquot, la secrétaire générale de la CFDT-Fonctions publiques, à la sortie de la multilatérale réunissant ministre et organisations syndicales représentatives de la fonction publique.

Cette hausse de 1,5 % du point d’indice est très loin de compenser l’inflation (en avril 2023, l’Insee établissait celle-ci à + 6,3 % sur un an) ; surtout, elle est nettement en dessous de ce que les organisations syndicales avaient obtenu l’année dernière (+ 3,5 %). La veille de cette échéance, la CFDT-Fonctions publiques alertait pourtant sur la nécessité de mobiliser une enveloppe supérieure à celle de 2022. « C’est un manque de reconnaissance et de considération pour les 5,7 millions d’agents publics, regrette Mylène Jacquot. De toute évidence, le prisme budgétaire l’a, une nouvelle fois, emporté, et ce sont les agents publics qui en font les frais. »

Pis, cette décision risque d’accentuer le manque d’attractivité de la fonction publique hospitalière, territoriale ou de l’État, sachant que les trois versants font déjà face à un déficit de personnels. De fait, 60 000 postes sont vacants. Avec des conséquences à la fois pour les agents en poste, pour les usagers et pour la qualité des missions et services rendus. « Ceux qui restent voient leur charge de travail s’accroître et constatent qu’ils ont moins de moyens pour faire leur travail, résume Mylène Jacquot. Nous sommes loin du choc d’attractivité nécessaire en vue de pourvoir les postes ! »

Quelques bonnes nouvelles, mais…

Par ailleurs, l’annonce de la mise en place d’une prime exceptionnelle de pouvoir d’achat ne résout en rien les problèmes sur le long termeCette Pepa sera attribuée aux agents percevant moins de 3 250 euros bruts mensuels (prime comprise). Elle sera dégressive, de 800 à 300 euros, et versée à la fin de l’année 2023. Signe que les salaires sont à revoir dans la fonction publique, cette prime concerne près de 50 % des agents de l’État et 70 % des agents de l’hospitalière. Libre administration des collectivités oblige, dans la fonction publique territoriale, elle sera soumise au bon vouloir des directions.

L’octroi de 5 points d’indice (environ 20 euros par mois) pour tous les agents publics au 1er janvier 2024, la hausse du taux de remboursement des frais de transport collectifs (passant de 50 % à 75 %) ou encore la revalorisation de certains frais de missions ont également été annoncés par le ministre. Mais les deux dernières ne concernent, malheureusement, qu’une minorité d’agents.


« Si ce rendez-vous a été très décevant, nous continuerons dans les semaines à venir, sans relâche, de porter nos propositions pour des parcours et des rémunérations à la hauteur des enjeux sociaux », poursuit Mylène Jacquot. Et ce, donc, dès les prochains jours. Une réunion autour de la négociation de la politique salariale a été arrachée par les organisations syndicales. Elle se tiendra avant l’été. Une sorte de coin dans la porte que la CFDT-Fonctions publiques entend enfoncer plus profondément. « Nous voulons que les rémunérations deviennent un sujet ouvert à la négociation. Il est grand temps de changer de méthode ! »

Salaires : une revalorisation d’1,5 % du point d’indice au 1er juillet

Article La Gazette des Communes 

Publié le 12/06/2023 • Par Emeline Le Naour • dans : A la uneA la Une RHActu EmploiActu experts financesActualité santé socialFranceToute l'actu RH


A l'issue de sa rencontre entre les syndicats, le ministre de la Transformation et de la Fonction publiques a annoncé un nouveau dégel du point d'indice à hauteur d'1,5 % ainsi que l'ajout de points supplémentaires pour les rémunérations les plus basses et une prime "pouvoir d'achat". Un dispositif qui devra être financé par les employeurs locaux. Ces mesures d'urgence attendues depuis plusieurs mois ne contentent toutefois pas l'intersyndicale qui a quitté la rue de Grenelle sur un "profond "désaccord" avec le ministre.

Le ministre avait fait part de son intention d’agir pour redonner du souffle au pouvoir d’achat des agents publics. C’est chose faite. Dans un contexte de tensions sociales, Stanislas Guerini a tenté d’apaiser les esprits en annonçant une hausse d’1,5 % d’augmentation du point d’indice au 1er juillet des 5,7 millions d’agents des trois versants, à l’occasion d’une rencontre multilatérale avec les 8 syndicats (1), ce lundi 12 juin.

D’autres dispositifs doivent également permettre d’amortir l’inflation subie par les agents en pied de grilles.

Ainsi, Stanislas Guerini, va modifier les grilles des derniers échelons des catégories C et B rémunérés au minimum de traitement via un ajout de 0 à 9 points. Une mesure qui devrait également s’appliquer dès le 1er juillet 2023.

Par ailleurs, 5 points d’indice seront ajoutés au 1er janvier 2024 pour l’ensemble des agents, quelque soit leurs rémunérations, soit environ 24 euros bruts.

Autre annonce, la GIPA (garantie individuelle de pouvoir d’achat), la revalorisation des frais de missions, le relèvement du plafond des remboursements d’abonnements aux transports collectifs, ont été confirmés par Stanislas Guerini.

Une prime pouvoir d’achat pas obligatoire pour la FPT

Enfin, une prime « pouvoir d’achat » pour les agents payés en dessous de 3 250 euros bruts en moyenne mensuelle est prévue pour l’automne dans les versants hospitalier et de l’État. Le montant sera compris entre 300 et 800 euros bruts. Le ministre a écarté de passer par la voie législative.

Les élus locaux, eux, ne seront pas contraints. Conformément au principe de libre administration, ils pourront, ou non, accorder cette prime à leurs agents. À noter que cette dernière ne devrait être mise en œuvre qu’à partir du 1er janvier 2024. Un délai et une différenciation inter-versant qui n’a pas manqué d’irriter les syndicats.

mardi 13 juin 2023

Le projet de loi Plein emploi porte atteinte à la solidarité nationale

 Le gouvernement présente ce 7 juin en Conseil des ministres un projet de loi “pour le plein emploi”. Le texte prévoit notamment la réorganisation du service public de l’emploi. Il transforme Pôle emploi en France Travail et repense la philosophie du RSA autour de l’accès à l’emploi. La CFDT s’inquiète de certaines dérives.

Par Sabine Izard— Publié le 06/06/2023 à 14h00

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© Romain Beurrier/RÉA

Après la loi visant à améliorer le fonctionnement du marché du travail de décembre 2022, le gouvernement poursuit ses réformes en vue de parvenir au plein-emploi. Il présentera le 7 juin en Conseil des ministres un projet de loi renforçant l’accompagnement socioprofessionnel des personnes qui en ont le plus besoin, notamment les personnes en situation de handicap, et une transformation du service public de l’emploi et de l’insertion. Il prévoit également de lever les freins périphériques à l’emploi en matière d’accueil du jeune enfant.


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lundi 12 juin 2023

Plus nombreux, plus forts

 Par Lydie Nicol— Publié le 06/06/2023 à 14h00 lien article

Lydie Nicol, secrétaire nationale
Lydie Nicol, secrétaire nationale© Cyril Entzmann

À l’aune de la quatorzième journée de mobilisation contre la réforme des retraites, l’attrait du syndicalisme, constaté un peu partout, n’échappe pas à la première force syndicale de ce pays. Au 31 décembre 2022, la CFDT comptait 612 205 adhérents, soit 7 971 adhérents de plus qu’en 2021 (+ 1,32 %). Plus encore, la mobilisation historique de ces derniers mois nous a permis de poursuivre cette tendance de manière exceptionnelle : depuis le 1er janvier 2023, ce sont 43 116 travailleurs et travailleuses qui nous ont rejoints. Réjouissons-nous, et voyons-y l’opportunité d’accroître encore un peu plus notre rapport de force sur les sujets qui, au-delà des retraites, sont le lot quotidien des travailleurs, qu’ils soient salariés, agents des fonctions publiques ou indépendants.


Avoir plus d’adhérents, c’est faire sienne cette ambition de rassembler les travailleurs et de favoriser leur émancipation individuelle et collective. La période de renouvellement des CSE1 dans le secteur privé doit être propice à la syndicalisation, tant par les nouvelles implantations que par le renouvellement des équipes CFDT déjà en place. C’est le nombre d’adhérents autour des élus CSE qui conforte la légitimité acquise par le vote lors des élections professionnelles et qui rend notre syndicalisme plus efficace.


Oui, réjouissons-nous, mais ne voyons pas là une finalité… Le travail de fidélisation se poursuit sans relâche. Il est indispensable d’accueillir correctement les nouveaux adhérents au sein de nos collectifs afin de leur présenter notre fonctionnement mais également d’identifier leurs attentes. C’est le premier pas qui nous permettra demain de construire, pour eux et avec eux, de nouveaux droits et protections en matière d’emploi, de rémunérations ou de conditions de travail ; mais aussi de les embarquer sur les défis de la transition écologique et des mutations du travail. En choisissant la CFDT, ces travailleurs ont posé un acte fort. Je sais pouvoir compter sur l’engagement de tous les militants pour transformer l’essai.