jeudi 7 juillet 2022

INSTANCES MÉDICALES : UNE RÉFORME QUI DOIT BÉNÉFICIER AUX AGENTS

 Publié le 08/04/2022


L’ordonnance santé famille du 25 novembre 2020 prise en application de la loi de transformation de la fonction publique du 6 août 2019 prévoit une série de mesures relatives aux sujets de santé et de travail. La réforme des instances médicales en fait partie, et l’ordonnance acte la fusion du comité médical et de la commission de réforme au sein d’une seule instance : le conseil médical. L’objectif de cette réforme étant de remédier aux dysfonctionnements unanimement constatés en fluidifiant le circuit de prise de décision. Les compétences et la composition de ce conseil sont fixés dans les décrets parus le 11 mars 2022 pour chaque versant.

L’ordonnance, comme les décrets ont fait l’objet de nombreux travaux avec l’administration, préalables à la présentation des textes au conseil commun de la fonction publique et dans les trois conseils supérieurs (État, territorial, hospitalier). La CFDT a porté ses revendications aussi bien dans les groupes de travail qu’en défendant ses amendements dans les conseils.

Ce qu’a obtenu la CFDT 

La CFDT a obtenu satisfaction sur des sujets d’importance tels que :

  • la garantie de représentation des personnels au sein de la nouvelle instance : 
    • passage de un à deux représentants du personnel au sein du conseil ;
    • existence de suppléants en nombre égal ;
    • présence d’au moins un représentant du personnel pour que le conseil se réunisse valablement
  • le maintien de la fonction d’appel du Conseil médical supérieur en cas de contestation de la décision du Conseil médical

Les compétences du Conseil médical 

Le Conseil médical se réunit en formation plénière ou en formation retreinte, chacune reprenant les compétences respectives de la commission de réforme et du comité médical, sauf dans les cas où la saisine obligatoire de l’instance a été supprimée :

  • l’attribution ou le renouvellement de congé de maladie ordinaire (CMO) conduisant à dépasser la durée de 6 mois en continu ;
  • le renouvellement des congés de longue maladie (CLM)  congé de grave maladie (CGM) , congés de longue durée (CLD) - la saisine est maintenue pour le premier octroi ;
  • la reprise de service après un CMO supérieur à 12 mois, un CLM, un CGM ou un CLD . Hormis cas particuliers où la saisine est maintenue, la reprise est possible sur présentation d’un avis favorable du médecin de l’agent.

L’avis de la CFDT 

La CFDT considère que l’allègement des cas de saisine obligatoire de l’instance devrait améliorer son fonctionnement, au bénéfice des agents. En effet, les exemples sont nombreux où des agents se trouvaient dans des situations inextricables, ou placés à mi traitement durant plusieurs mois, dans l’attente de l’avis de l’instance sur le renouvellement de leur congé de maladie. Les avancées obtenues quant à la composition de l’instance garantissent par ailleurs la représentation des personnels. La CFDT s’est donc prononcée favorablement pour cette réforme des instances médicales.








HANDICAP INVISIBLE : GUIDE FIPHFP DE L'ACCOMPAGNANT

 Publié le 22/06/2022


Agents souffrant de maladies chroniques, ou en situation de handicap mais ne souhaitant pas le déclarer, ou encore agents malentendants s’épuisant à compenser leur handicap en espérant qu’il passe inaperçu : le monde du « handicap invisible » recouvre autant de réalités que d’agents. S’il est invisible, ce handicap là n’en est pas moins réel et difficile à appréhender. Le FIPHFP vient d’éditer un guide à l’usage des agents, de leurs collègues, des managers et de l’ensemble du monde professionnel pour mieux cerner ce phénomène et se doter d’outils pour y répondre.





mardi 28 juin 2022

Conférence salariale : + 3,5 %, un premier pas !

Publié le 28/06/2022

Ce mardi 28 juin, le Ministre Stanislas Guérini a ouvert la conférence salariale qui réunissait l’ensemble des organisations représentatives des agents et des représentants et associations d’employeurs.

Le Ministre a fait part de son attachement à un dialogue social de qualité. Il a d’ailleurs salué le travail d'Amélie de Montchalin en la matière.

L’essentiel des annonces du Gouvernement 

  • Le point d’indice sera revalorisé de 3,5 % pour tous les agents de la Fonction publique, en une seule fois, et immédiatement, au 1er juillet. Le Ministre a aussi réaffirmé l’unicité de la mesure, qui concernera l’ensemble des trois versants. L’augmentation concernera aussi l’ensemble des éléments de rémunération indexés sur la valeur du point, dont le CTI.
  • Reconduction de la GIPA.
  • Assouplissement et élargissement du forfait mobilité durable (fin du seuil de 100 jours minimum) qui devient cumulable avec le remboursement partiel des abonnements de transports collectifs.
  • Restauration collective : revalorisation de 6 % et extension de la participation des employeurs.
  • Revalorisation du début de carrière en catégorie B (B1 et B2)

Le Ministre a dit être pleinement conscient de ne pas répondre à l’ensemble des sujets d’attractivité, de perspectives de carrière, de rémunérations. Il faudra donc travailler pour agir sur la redéfinition en profondeur des rémunérations et des carrières dans la Fonction publique. L’agenda social sera co-construit et il y aura un temps de concertation dès la rentrée, pour laisser le temps aux élections professionnelles de se dérouler dans de bonnes conditions tout en étant prêts à négocier dès début 2023.

Le Ministre a aussi affirmé très clairement que les travaux s’inscriraient dans le respect du cadre statutaire. De même, ces travaux respecteront les chantiers sectoriels, dont celui concernant les enseignants.

La CFDT a répondu en faisant part de ses attentes et premières réactions 

Monsieur le Ministre,

C’est peu dire que ce rendez-vous, cette conférence, est attendue. En fait, depuis de nombreuses années, et encore plus depuis le 14 mars, date à laquelle, enfin, un dégel de la valeur du point était annoncé.

Et en mars, nous n’en étions pas encore au niveau d’inflation que nous connaissons aujourd’hui, moins élevé que dans nombre de pays européens mais à des niveaux que nous n’avions pas connus depuis quarante ans.

C’est bien l’ensemble des agents publics qui subissent l’inflation et seule une hausse de la valeur du point accompagnée d’une révision en urgence des grilles est de nature à̀ répondre aux conséquences que cela engendre.

Depuis l’automne, l’inflation poursuit sa course à la hausse. Le SMIC est indexé sur l’inflation, il a d’ailleurs été augmenté trois fois en quelques mois, et va l’être encore prochainement. Comme la CFDT l’a obtenu, l’indice minimum de traitement dans la Fonction publique, l’a été aussi. Mais depuis le 1er mai :

  • Les agents de catégorie C restent 9 ans au SMIC avant une augmentation de… 8 euros/mois !
  • Les agents de catégorie B sont recrutés au Smic, au même indice que la catégorie C pendant 4 ans !
  • Les agents de catégorie A sont recrutés à un indice supérieur au SMIC de même pas 10 % !

Les mesures d’urgence que veut la CFDT :

  • Une hausse de la valeur du point, significative et la plus rapide possible.
  • Une révision en urgence des grilles.
  • Un engagement à une revoyure en fonction de l’inflation pour en tirer les conséquences sur la rémunération.

Mais, on le sait : d’abord, augmenter la rémunération des agents ne se limite pas à la discussion sur la seule valeur du point. D’autant qu’une hausse de la valeur du point, par nature proportionnelle au nombre de points qui fait la rémunération de chacun, favorise les indices les plus élevés. C’est la raison pour laquelle, pour des raisons évidentes de justice sociale, la CFDT revendique d’autres mesures d’urgence : sur les grilles (sans confusion avec la refonte que nous appelons de nos vœux), et des mesures ciblées.

Ces mesures ciblées doivent essentiellement concerner les postes de dépenses qui sont les plus impactés par l’inflation (énergies et alimentation) et qui sont aussi -avec le logement- ceux qui représentent la part la plus importante des dépenses contraintes qui prennent une place considérable dans les dépenses des agents aux plus faibles rémunérations.

Frais de restauration, déplacements domicile-travail, encouragement des mobilités durables et du covoiturage, encouragement à l’utilisation des transports collectifs (avec un déplafonnement des prises en charge des abonnements limitées aujourd’hui à 86 euros et quelques centimes), mais aussi, par exemple, maintien ou développement du télétravail.

Les mesures que vous annoncez aujourd’hui sont un premier pas. Évidemment, la CFDT attendait plus et mieux, y compris sur les mesures ciblées. Une hausse de la valeur du point de 3,5 est certes inédite, mais -et nous insistons sur ce point-, dans un contexte d’inflation lui aussi inédit. D’autres mesures concernent les grilles, et la catégorie B était la plus urgente à traiter, mais la catégorie C ne pourra certainement pas attendre 2023.

Ces annonces appellent d’ailleurs déjà des alertes et questions de notre part : pour la CFDT, il est inenvisageable que cette hausse ne concerne pas l’ensemble des dispositifs indexés sur la valeur du point (dispositifs indemnitaires et CTI notamment), il est inenvisageable que les employeurs laissent la rémunération des contractuels décrocher de celle des titulaires. Et nous avons aussi une question pour les agents qui font valoir leur droit à pension à la date du 1er juillet, car il ne serait pas acceptable qu’ils ne bénéficient ni de la hausse de la valeur du point d’indice, ni de la hausse des pensions annoncée.

Quant aux mesures ciblées, sur la participation des employeurs aux repas dans le cadre de la restauration collective, et sur l’extension du forfait mobilité durable et la non-exclusion entre mobilité durable et transport collectif, elles sont d’une symbolique forte. Mais elles devront aussi faire l’objet de travaux complémentaires pour être à la hauteur des enjeux pas seulement de pouvoir d’achat mais aussi répondre aux enjeux stratégiques et environnementaux de la période.

La CFDT n’occulte pas non plus que les agents publics seront concernés par tout ou partie des mesures à venir dans la loi « pouvoir d’achat »,  mais nous n’oublions pas non plus que les prévisions de l’Insee rendues publiques en fin de semaine dernière ne portent guère à l’optimisme (même si d’autres les contredisent…).

La CFDT continuera donc de suivre avec la plus grande attention l’évolution de l’inflation, et ses conséquences sur la situation des agents publics. C’est pourquoi il faut que le gouvernement s’engage à revoir les organisations représentatives dès lors que l’inflation poursuit sa course. Dès cet été d’ailleurs, une nouvelle hausse du Smic est à prévoir avec toutes ses conséquences sur les grilles et les carrières.

Enfin, monsieur le ministre, plus que jamais, la CFDT rappelle qu’il est urgent de répondre à l’exigence citoyenne de qualité, de proximité et d’accessibilité des services publics.

Les services publics, et ceux qui y travaillent, doivent donc être reconnus à la hauteur de leur contribution au développement social, scientifique, écologique, numérique et économique.

Pour cela, la CFDT appelle à ne pas en rester à des mesures d’urgence sur le pouvoir d’achat. Il faut sans tarder ouvrir des chantiers structurels et indispensables à l’avenir des services publics : construction du « bouclier de services publics », attractivité de la Fonction publique, formation des agents aux enjeux des transitions environnementales et numériques, rémunérations et parcours professionnels des agents publics.

Tout cela ne se fera ni contre ni sans les agents, mais bien avec eux, dans des services dotés des moyens nécessaires pour être à la hauteur des enjeux et grâce à un dialogue social et un dialogue professionnel renouvelés.

lundi 27 juin 2022

“Parlons engagement” dévoile ses résultats

 



Véritable respiration tant sur le fond que sur la forme, la présentation des résultats de l’enquête “Parlons engagement” permet de se projeter vers la CFDT de 2030.

Par Nicolas Ballot— Publié le 21/06/2022 à 10h55


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© Vincent Jarousseau

« Dessiner la CFDT de dans dix ans ». Tel est l’objectif, réaffirmé par le secrétaire national Yvan Ricordeau, de la grande enquête sur l’engagement lancée en janvier 2022 par la CFDT, ouverte à tous puisque non limitée aux syndicalistes, dont certains résultats peuvent bousculer « nos certitudes et habitudes ». Cécile Guillaume, sociologue et maître de conférences à l’université de Surrey (Guildford), au Royaume-Uni, qui a supervisé l’enquête et participé activement à l’analyse des résultats du questionnaire, pointe avant tout son succès avec quelque 30 000 répondants – dont 21 % ne sont pas syndiqués. Autre point de satisfaction, 74 % des répondants (et même 88 % parmi les élus et mandatés CFDT) considèrent l’engament comme « une richesse et une belle expérience ». Oui, les militants « [se trouvent] bien à la CFDT », mais pas seulement. « L’engagement est vu comme l’une des réponses à la fatigue démocratique actuelle », précise Marylise Léon, la secrétaire générale adjointe de la CFDT.

L’importance de la proposition d’adhésion

À propos de l’engagement syndical à proprement parler, l’enquête montre que 43 % des non-syndiqués et 33 % des moins de 35 ans pourraient adhérer à un syndicat si on le leur proposait. De même, 37 % des répondants se sont syndiqués à la suite de la proposition d’un collègue. « Cette enquête rappelle qu’il ne suffit pas d’avoir des valeurs pour se syndiquer, insiste Cécile Guillaume ; encore faut-il que l’on vous propose d’adhérer ! » Il n’en reste pas moins que 36 % des syndiqués à la CFDT disent avoir été victimes d’une discrimination au sein de l’organisation. D’où l’absolue nécessité, selon Yvan Ricordeau, d’« accorder plus de bienveillance dans le syndicalisme et au sein de notre organisation : la CFDT évolue avec son temps » – et certains propos ou attitudes ne sont plus acceptables.

Et dans dix ans ?

Alors que 63 % des syndiqués pensent que les syndicats seront morts dans dix ans s’ils n’évoluent pas, 74 % des répondants veulent que les syndicats s’occupent plus des questions de société. En ce qui concerne la participation, 69 % évoquent des consultations régulières pour faciliter la participation des adhérents et 31 % voient les outils du numérique comme un moyen d’y parvenir.

Selon Marylise Léon, les résultats de « Parlons engagement » permettent à la CFDT de « se projeter collectivement vers le syndicalisme de demain ». S’il est en effet nécessaire d’évoluer afin que la CFDT soit « plus ouverte à tous », l’enquête montre que « l’action au service de travailleurs n’est pas une idée du passé ! ».