PRIME DE POUVOIR D’ACHAT EXCEPTIONNELLE
La Section CFDT CD 91, réunie le mardi 28 novembre 2023, informe les agents du Conseil Départemental de l’Essonne quant à la Prime de Pouvoir d’Achat Exceptionnelle.
Malgré le combat mené pour que la Fonction Publique Territoriale (FPT) soit traitée de la même façon que la FPE et la FPH, le décret n°2023-1006 du 31 octobre 2023 portant création d’une prime de pouvoir d’achat exceptionnelle pour certains agents publics de la fonction publique territoriale n’a pas permis d’atteindre l’objectif recherché, à savoir atténuer les conséquences de l’inflation grâce à une prime forfaire et automatique pour tous les agents publics.
Sans toutefois les y obliger, il permet aux employeurs territoriaux d’octroyer cette prime à leurs agents les plus défavorisés en reconnaissance de l’inflation subie.
Soyons clairs, cette prime ne compensera pas la perte du pouvoir d’achat, mais serait un symbole fort de la considération et de l’intérêt que les employeurs portent à leurs agents et une façon de lutter contre l’injustice sociale dont fait l’objet la FPT.
Nous approuvons les décisions des élus qui l’ont octroyée, d’autres sont en cours et certains vont même jusqu’à proposer de réduire leurs propres indemnités si leur budget ne leur permet pas, afin que les personnels puissent la percevoir. Nul doute que ce geste serait apprécié à sa juste valeur tant par les agents que la population.
Rappelons que cette prime peut être fractionnable et versable jusqu’en juin 2024.
Si les employeurs refusent d’octroyer cette prime sans même ouvrir une discussion avec les organisations syndicales représentatives dans leur CST, ils cautionneraient de classer leurs agents dans la catégorie des sous fonctionnaires et de leur faire payer l’inflation.
La CFDT demande au Président du Conseil Départemental de l’Essonne d’ouvrir des négociations avec les organisations syndicales et de permettre à un maximum d’agents pouvant y prétendre de percevoir cette prime qui, rappelons-le, n’est qu’exceptionnelle.
Julia De Lemos
Secrétaire de la section, avec l’ensemble de la Section CFDT CD 91
Décret du 31.10.2023 et la note de la DGCL








Il y a une expression pour désigner un management à la fois faible sur le plan conceptuel mais suffisamment fort sur la forme pour s’imposer : le « bullshit », qui désigne quelque chose de « bidon » mais aussi de baratinage. Les salariés et agents publics cadres sont en première ligne : ce sont eux qui doivent s’appliquer à eux-mêmes mais aussi transmettre des promesses venues d’en haut et des tendances venues d’ailleurs. Lost in management : il y a vingt ans, François Dupuy dénonçait déjà la rhétorique managériale qui les dépossédait de leur rôle de régulateurs, légitimes à faire remonter et à arbitrer. Ils ont aujourd’hui moins de pouvoirs intermédiaires, et les encadrants de proximité sont insuffisamment considérés dans ce rôle. Car le bullshit management n’est pas seulement un art de la persuasion, c’est également une gestion du travail défaillante si l’on se réfère au sociologue américain David Graeber qui avait popularisé les bullshit jobs. Il a mis en relief le caractère socialement inutile de beaucoup d’emplois, mais aussi les postures arrivistes, les rôles illisibles et obscurs qui servent essentiellement à justifier des organisations et leurs hiérarchies. En effet, le reporting, le culte de l’efficacité, le caractère naturel du changement permanent, la rationalisation des postes, bref, ce qui fait le management taylorien, n’a pas vraiment disparu. Certes, il s’est ouvert à une forte culture d’attention à l’individu. Mais le management dit « humaniste » n’a-t-il pas un côté manipulateur ? La démocratisation du travail n’a-t-elle pas ses effets pervers en poussant l’individu à être indépendant ? Se libérer des techniques de gestion et des médiations traditionnelles, n’est-ce pas faire peser sur le travailleur trop de responsabilités et de polyvalence ?








